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Signaler la maltraitance d’un enfant : le guide que toute maman doit connaître

Signaler la maltraitance d’un enfant est une démarche que personne n’imagine devoir effectuer un jour.

Pourtant, cette semaine, la France entière pleure Lyhanna. Cette petite collégienne de 11 ans, disparue le 29 mai 2026 à Fleurance dans le Gers, dont le corps a été retrouvé quelques jours plus tard. Cette enfant que le système n’a pas su protéger malgré les signalements antérieurs visant le principal suspect. Comme des millions de mamans, tu as probablement pleuré devant les images de la marche blanche du 7 juin. Tu t’es probablement demandé comment c’était possible, comment on en était arrivés là.

Mais au-delà de l’émotion, il y a une question concrète que chacune de nous doit se poser : est-ce que je saurais quoi faire si je soupçonnais qu’un enfant autour de moi était en danger ? Pas après. Tout de suite. Avec les bons mots, les bons numéros, les bonnes démarches.

Cet article n’est pas un article facile à écrire, ni à lire. Mais c’est probablement l’un des plus importants que tu liras en tant que jeune maman. Parce qu’en France, un enfant meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents. Et que chacune de nous a un rôle à jouer pour que ça s’arrête.

Pourquoi savoir signaler la maltraitance d’un enfant est devenu vital

Avant d’entrer dans le concret, prenons une seconde pour mesurer l’ampleur du problème.

Le ministère de la Justice rappelle, dans le contexte des suites de l’affaire Lyhanna, qu’il a exigé le réexamen de 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs. Soixante-dix mille. Tu lis bien. Sommeilbebe

Et selon un rapport officiel de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’Homme) cité à l’Assemblée nationale, au moins 1 enfant meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents. Ce chiffre serait, selon la CNCDH, largement sous-estimé. Nanny Care

Les autres chiffres officiels sont accablants. L’Assemblée nationale rapporte : en France, les enquêtes rapportent que chaque année plus de 150 000 enfants subissent des maltraitances physiques, 124 000 filles et 30 000 garçons subissent des viols ou des tentatives de viols, tandis que 140 000 enfants sont exposés à des violences conjugales. Fée Dodo

Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont des enfants qui pleurent en silence, qui sursautent quand on les touche, qui n’osent pas parler. Et autour d’eux, il y a souvent des adultes qui ont vu, qui ont senti que quelque chose n’allait pas, mais qui n’ont pas su quoi faire.

Lyhanna : un drame qui aurait pu être évité

Ce qui rend l’affaire Lyhanna particulièrement insoutenable, c’est que le suspect était déjà connu. Comme le rapporte Planet.fr, le dossier d’instruction dévoile une chronologie insoutenable, symptomatique d’une administration sourde aux avertissements. Naitre et Grandir

Des signalements n’ont pas abouti. Des plaintes n’ont pas été suivies. Et une petite fille de 11 ans a perdu la vie.

C’est précisément pour ça que ta vigilance individuelle compte. Parce que le système faille, oui. Mais que chaque signalement bien fait, bien documenté, bien transmis, peut sauver une vie.

Les signes de maltraitance d’un enfant à repérer

Avant de pouvoir signaler, il faut savoir reconnaître. Les signes ne sont pas toujours évidents, surtout pour les violences psychologiques ou sexuelles qui ne laissent pas de traces visibles.

Les signes physiques

Ce sont les plus évidents, mais ils sont souvent cachés ou expliqués par des « accidents » répétés :

  • Bleus, ecchymoses, brûlures dont l’explication ne tient pas la route
  • Marques en forme d’objet (ceinture, main, cordon)
  • Blessures à différents stades de cicatrisation (donc répétées dans le temps)
  • Fractures inexpliquées, surtout chez les très jeunes enfants
  • Hématomes sur des zones inhabituelles (dos, fesses, cuisses, oreilles)
  • L’enfant porte des vêtements couvrants en plein été pour cacher les marques
  • Hygiène très insuffisante ou au contraire excessive
  • Sous-poids visible, signes de dénutrition
  • Retards de soins médicaux ou dentaires flagrants

Les signes comportementaux

Ce sont souvent les premiers à apparaître, et les plus parlants :

  • Peur excessive des adultes ou d’un adulte en particulier
  • L’enfant sursaute au moindre geste rapide
  • Repli sur soi, isolement, tristesse persistante
  • Comportements régressifs (recommence à faire pipi au lit, parle bébé)
  • Agressivité soudaine ou inhabituelle envers d’autres enfants
  • Connaissances sexuelles inappropriées pour son âge
  • Refus catégorique d’aller chez quelqu’un en particulier ou de rester seul avec lui
  • Troubles du sommeil, cauchemars répétés
  • Troubles alimentaires (perte d’appétit ou au contraire boulimie)
  • Difficultés scolaires soudaines, chute des résultats
  • Automutilation, dessins violents ou inquiétants
  • L’enfant fuit son domicile ou refuse d’y retourner

Les signaux dans le comportement des parents

Parfois, c’est aussi du côté des adultes qu’on peut détecter quelque chose :

  • Explications incohérentes ou changeantes concernant les blessures
  • Indifférence face à la souffrance de l’enfant
  • Critiques permanentes, humiliation systématique de l’enfant
  • Isolement de la famille par rapport au reste de l’entourage
  • Discours violent ou méprisant sur l’enfant (« il le fait exprès », « c’est un sale gosse »)
  • Consommation d’alcool ou de drogues problématique
  • Antécédents de violence dans le couple ou la famille

⚠️ Important : aucun de ces signes pris isolément ne suffit à conclure à de la maltraitance. C’est leur accumulation, leur répétition et ton intuition de maman qui doivent t’alerter.

Le 119 : le numéro à connaître absolument pour signaler la maltraitance d’un enfant

Si tu ne devais retenir qu’une seule chose de cet article, ce serait ce numéro : 119.

Tout ce que tu dois savoir sur le 119

Le 119 est le Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger (SNATED). Voici les informations essentielles :

  • Gratuit depuis tous les téléphones (fixe, mobile, cabine)
  • Disponible 24h/24, 7j/7, y compris jours fériés
  • N’apparaît sur aucune facture téléphonique
  • Confidentiel : tu peux rester anonyme si tu le souhaites
  • Géré par des professionnels formés (psychologues, juristes, travailleurs sociaux)
  • Accessible aux personnes sourdes et malentendantes via une plateforme dédiée

Qui peut appeler le 119 ?

Tout le monde. Vraiment, tout le monde.

  • Un enfant ou adolescent qui se sent en danger
  • Un parent, grand-parent, oncle, tante inquiet pour un enfant
  • Un voisin qui entend ou voit des choses qui l’alertent
  • Un enseignant, animateur, médecin, professionnel de santé
  • N’importe quel témoin d’une situation préoccupante

Tu n’as pas besoin d’être sûre à 100%. Tu n’as pas besoin de preuves. Tu as juste besoin d’une inquiétude légitime.

Comment se passe un appel au 119 ?

Cette étape inquiète beaucoup de personnes qui n’osent pas franchir le pas. Voici ce qui se passe concrètement :

  1. Un écoutant formé décroche dès que possible (le délai d’attente est généralement court)
  2. Il prend le temps de t’écouter sans te juger
  3. Il te pose des questions pour mieux comprendre la situation
  4. Il évalue avec toi le niveau de danger
  5. Il décide de la suite : conseils, orientation, ou transmission aux services départementaux compétents (CRIP)
  6. Tu n’as aucune décision à prendre : c’est lui qui s’occupe de tout

Tu peux raccrocher à tout moment. Tu peux rappeler plus tard. Tu peux donner ton nom ou rester anonyme. Ton appel est entendu et pris au sérieux.

Les autres canaux pour signaler la maltraitance d’un enfant

Le 119 est la voie royale, mais d’autres options existent selon la situation.

Pour les violences sexuelles spécifiquement

  • 3018 : ligne nationale pour les jeunes victimes de violences numériques et sexuelles (gratuite, 7j/7)
  • L’application 3018 : signalement par chat anonyme et gratuit

En cas d’urgence absolue

Si tu es témoin directe d’une violence en train de se commettre, ou si tu penses qu’un enfant court un danger immédiat :

  • 17 : police-secours
  • 18 : pompiers
  • 112 : numéro européen d’urgence

Ne reste pas seule face à une urgence. Compose ces numéros sans hésiter.

Le signalement écrit aux autorités

Pour les situations qui ne sont pas urgentes mais qui nécessitent une trace formelle, tu peux écrire à :

La CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes) de ton département

Chaque département dispose d’une CRIP rattachée au Conseil départemental. C’est la structure officielle qui reçoit les signalements et déclenche les enquêtes sociales. Tu trouves les coordonnées sur le site officiel allo119.gouv.fr ou directement sur le site de ton département.

Le Procureur de la République

Pour les situations graves nécessitant une intervention judiciaire, tu peux écrire directement au Procureur du Tribunal judiciaire le plus proche du domicile de l’enfant. Ton courrier doit être détaillé, factuel, et envoyé en recommandé avec accusé de réception.

Si tu es professionnelle de la petite enfance

Si tu es assistante maternelle, éducatrice, enseignante, médecin, infirmière, sage-femme, tu as une obligation légale de signalement dès que tu suspectes une maltraitance. Le secret professionnel ne s’applique pas dans ce cas. Au contraire, ne pas signaler peut entraîner des poursuites.

Comment bien signaler la maltraitance d’un enfant : les bons réflexes

Faire un signalement efficace, c’est aussi savoir comment s’y prendre. Voici les bonnes pratiques.

Ce qu’il faut faire

Note les dates, lieux, faits précis que tu as observés (un carnet à part, à conserver

Décris ce que tu as vu, entendu, pas ce que tu interprètes

Recueille tes observations factuelles sans amplifier ni minimiser

Garde des photos si tu as pu en prendre légitimement (marques visibles d’un enfant qui se confie)

Conserve tout message ou témoignage de l’enfant à toi ou à un autre adulte

 ✅ Appelle ou écris dès que possible : plus le délai est court, plus l’enfant peut être protégé vite

Demande un récépissé écrit si tu fais un signalement formel

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Ne mène pas ton enquête toi-même : ce n’est pas ton rôle et ça peut compromettre une procédure

Ne confronte pas directement les parents soupçonnés : tu mets l’enfant en danger

Ne fais pas parler l’enfant à ta place sur ce qu’il a vécu

Ne diffuse pas l’information à des proches ou sur les réseaux

Ne minimise pas tes doutes « ce ne sont peut-être que des chutes »

N’attends pas d’être sûre à 100% : c’est aux professionnels d’enquêter, pas à toi

Et si l’enfant en danger, c’était le tien ?

Cet article s’adresse à toutes les mamans qui voient des enfants autour d’elles. Mais parfois, le danger vient de plus près que ce qu’on imagine. Parfois, c’est ton propre conjoint, ton beau-père, ton grand-père qui pose problème. Parfois, c’est ton enfant qui te dit des choses étranges après une visite chez une personne pourtant proche.

Si tu lis ces lignes en pensant à ton propre enfant, sache que :

  • Tu peux appeler le 119 pour ton propre enfant
  • Tu peux quitter immédiatement un environnement dangereux sans préavis
  • Le 3919 (violences conjugales) est aussi compétent quand les enfants sont exposés
  • Tu n’as pas à avoir de preuves « judiciaires » pour protéger ton enfant
  • Tu peux porter plainte directement au commissariat ou à la gendarmerie

Ta priorité absolue, c’est la sécurité de ton enfant. Pas de préserver la famille, pas de « ne pas faire de vagues ». Si quelque chose dans ton instinct de maman te dit qu’il y a un problème, écoute-le. Cet instinct existe précisément pour ça.

Les associations à connaître et à soutenir

Pour aller plus loin, voici les structures qui agissent au quotidien et que tu peux soutenir, suivre, contacter :

  • Mouv’Enfants : association très active depuis le drame de Lyhanna, présidée par Arnaud Gallais
  • L’Enfant Bleu : accompagnement des enfants victimes de maltraitance
  • La CIIVISE : Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants
  • Innocence en Danger : combat contre les violences faites aux enfants
  • Le Planning familial : aussi mobilisé sur ces questions

Le mouvement national qui monte

Comme le rapporte Planet.fr, suite au drame de Lyhanna, l’heure est à la mobilisation générale et à l’expression d’un ras-le-bol populaire, à l’appel de nombreuses associations, dont Mouv’Enfants, Le Planning familial, Osez le féminisme, Nous toutes. Naitre et Grandir

Des rassemblements ont eu lieu dans toute la France le 8 juin 2026 pour exiger que la justice fasse de la protection des enfants une vraie priorité. Si tu veux participer, soutenir, ou suivre les prochaines mobilisations, abonne-toi aux comptes Instagram et Twitter de ces associations. Les marches blanches et rassemblements continueront tant que les choses ne changeront pas vraiment.

Notre rôle de mamans face à cette tragédie

Si tu lis ces lignes le cœur lourd, c’est probablement parce que comme moi, tu as ton bébé endormi à côté, et tu n’arrives plus à imaginer ce qu’a vécu Lyhanna. Cette colère, cette tristesse, cette peur — elles sont normales. Mais elles ne doivent pas nous paralyser. Elles doivent nous transformer en sentinelles attentives.

Note le 119 dans tes contacts dès maintenant. Parle-en à tes amies, à ta belle-sœur, à ta mère. Apprends à ton enfant les bonnes pratiques de sécurité dès qu’il est en âge. Sois la voisine qui n’hésite pas à appeler quand quelque chose ne va pas chez les voisins du dessus. Sois la maman qui pose des questions à l’enseignante quand un copain de classe de son enfant lui dit des choses bizarres. Sois cette femme dont l’attention est tout sauf de la curiosité malsaine.

Chacune de nous peut faire la différence. Chaque signalement qui aboutit, c’est une vie qui peut être protégée. Et même si tu te trompes une fois sur deux dans tes inquiétudes, mieux vaut un signalement de trop qu’un signalement de moins. Les services compétents sont là pour évaluer, pas pour juger les lanceurs d’alerte.

À Lyhanna, à toutes les Lyhanna qu’on n’a pas réussi à protéger, et à toutes celles qu’on pourra encore sauver si on agit. Et toi, est-ce que tu connaissais le 119 ? Est-ce que tu sais ce que tu ferais demain matin si tu suspectais qu’un enfant autour de toi était en danger ? Note les ressources de cet article quelque part, parle-en autour de toi. Partage cet article s’il peut aider une autre maman à mieux protéger les enfants autour d’elle

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