
Pendant la grossesse, les seins deviennent souvent l’un des premiers endroits où l’on remarque que quelque chose est en train de changer.
Ils deviennent plus sensibles, prennent du volume, les mamelons se transforment… Puis arrive l’allaitement, avec son lot de nouvelles sensations : montée de lait, seins parfois très tendus, petites douleurs, crevasses ou encore engorgements.
Bref, pendant plusieurs mois, les seins sont très sollicités.
Alors, entre les rendez-vous de grossesse, les préparatifs pour bébé, les nuits courtes et tout ce qu’il faut penser avant et après la naissance, on peut facilement oublier une chose : prendre soin de sa santé des seins reste important, même lorsqu’on devient maman.
Et Octobre Rose est justement une bonne occasion de s’en rappeler.
Santé des seins : la grossesse change beaucoup de choses


Pendant la grossesse, les seins se préparent progressivement à l’allaitement.
Ils peuvent augmenter de volume, devenir plus sensibles ou douloureux, et les mamelons ainsi que l’aréole peuvent également changer d’aspect.
Ces transformations sont généralement liées aux hormones et à la préparation du corps à nourrir le bébé.
Alors, si vous avez l’impression que votre poitrine ne ressemble plus du tout à celle d’avant, pas de panique : c’est une transformation très fréquente pendant la grossesse.
Mais ces changements peuvent aussi rendre plus difficile le fait de remarquer une anomalie.
C’est justement pour cette raison qu’il reste intéressant de connaître son corps et de signaler à un professionnel de santé tout changement qui vous paraît inhabituel.
Pendant la grossesse, une boule dans le sein n’est pas forcément un cancer


C’est important de le préciser, parce qu’une nouvelle grosseur peut être très angoissante.
La grossesse et l’allaitement entraînent de nombreuses modifications du tissu mammaire. Une grosseur peut donc avoir différentes causes, et la plupart des anomalies du sein ne sont pas nécessairement des cancers. L’Institut national du cancer explique les différentes maladies du sein et les changements qui peuvent être observés.
Mais cela ne signifie pas qu’il faut attendre en espérant que cela disparaisse.
Une boule qui apparaît, une modification inhabituelle du sein, du mamelon ou de la peau, un écoulement inhabituel ou une douleur localisée persistante méritent d’être montrés à un professionnel de santé. L’Assurance Maladie présente les principaux symptômes qui doivent amener à consulter.
Le bon réflexe n’est donc pas de paniquer… mais de vérifier.
Et pendant l’allaitement ?


L’allaitement apporte encore d’autres changements.
Les seins peuvent être très tendus lorsque le lait arrive, devenir douloureux en cas d’engorgement ou présenter des zones plus sensibles.
Il peut également être difficile de distinguer certaines sensations habituelles de l’allaitement d’une anomalie qui mérite d’être examinée.
C’est là encore que connaître son corps peut être utile.
Une douleur qui persiste, une masse qui ne disparaît pas ou une modification qui vous semble inhabituelle ne doit pas être simplement attribuée à l’allaitement sans avis médical.
Et surtout, allaiter ne signifie pas mettre sa santé entre parenthèses.
Au contraire. L’Institut national du cancer rappelle que l’allaitement est associé à une diminution du risque de cancer du sein, avec un bénéfice observé au-delà de six mois d’allaitement cumulés au cours de la vie. Vous pouvez retrouver les informations de l’Institut national du cancer sur les facteurs de prévention du cancer du sein.
Santé des seins : faut-il continuer à les faire examiner après bébé ?


Oui.
La maternité ne remplace pas le suivi gynécologique habituel.
Même si vous êtes jeune, même si vous avez eu une grossesse sans problème et même si vous allaitez, il reste important de parler de votre santé mammaire avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.
L’Institut national du cancer recommande notamment un examen clinique des seins au moins une fois par an par un professionnel de santé dès 25 ans. Les recommandations concernant le suivi et le dépistage du cancer du sein sont détaillées sur le site de l’Institut national du cancer.
Cela ne signifie pas que toutes les femmes doivent passer une mammographie chaque année.
Le dépistage dépend notamment de l’âge, des symptômes, des antécédents personnels et familiaux et du niveau de risque.
À partir de quel âge fait-on une mammographie de dépistage ?


En France, le programme national de dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans qui ne présentent ni symptômes ni risque particulier autre que l’âge.
Dans ce cadre, une mammographie est proposée tous les deux ans et prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. L’Assurance Maladie détaille ici les modalités du dépistage organisé du cancer du sein.
Mais si vous avez des antécédents personnels ou familiaux importants, une prédisposition génétique ou un autre facteur de risque, votre suivi peut être différent.
Il n’est donc pas nécessaire d’attendre 50 ans pour parler de vos seins à un professionnel de santé.
Grossesse, allaitement et dépistage : peut-on quand même faire des examens ?
C’est une question importante, notamment lorsqu’une anomalie est découverte pendant la grossesse ou l’allaitement.
La réponse dépend de la situation.
Si vous remarquez une anomalie, votre médecin peut vous orienter vers l’examen le plus adapté. Une mammographie peut notamment être utilisée lorsqu’une anomalie doit être explorée, et elle peut être complétée par une échographie ou d’autres examens selon les besoins. L’Institut national du cancer explique comment la mammographie peut être utilisée dans le diagnostic d’une anomalie du sein.
Pendant l’allaitement, la densité des seins peut rendre la mammographie moins performante et une échographie peut notamment être utilisée pour compléter l’évaluation.
Le plus important est donc de signaler votre grossesse ou votre allaitement au professionnel qui vous prend en charge afin qu’il puisse choisir les examens appropriés.
Les signes qu’il ne faut pas laisser de côté
On peut facilement se dire :
« C’est sûrement les hormones. »
« J’allaite, donc mes seins sont forcément douloureux. »
« Je viens d’avoir un bébé, mon corps est encore en train de changer. »
Et c’est vrai : la grossesse et l’allaitement peuvent expliquer beaucoup de changements.
Mais lorsqu’une modification vous semble inhabituelle, mieux vaut la faire vérifier.
Soyez notamment attentive à :
- l’apparition d’une nouvelle boule dans le sein ;
- une modification récente de la forme du sein ;
- une modification ou une rétraction du mamelon ;
- une rougeur, une chaleur ou un gonflement inhabituel ;
- une modification de l’aspect de la peau ;
- un écoulement inhabituel, notamment sanglant ;
- une douleur localisée qui persiste.
Ces signes ne signifient pas automatiquement qu’il s’agit d’un cancer. Beaucoup d’anomalies sont bénignes. Mais seul un professionnel de santé peut déterminer ce qu’il en est. L’Assurance Maladie revient sur les symptômes du cancer du sein et leur prise en charge.
Prendre soin de ses seins, ce n’est pas seulement penser au cancer
Quand on entend « Octobre Rose », on pense immédiatement au cancer du sein et au dépistage.
Mais prendre soin de ses seins au quotidien, c’est aussi apprendre à connaître son corps.
Pendant la grossesse, on peut observer les changements sans chercher à tout interpréter.
Pendant l’allaitement, on peut être attentive aux douleurs, aux engorgements et aux modifications inhabituelles.
Et au fil des années, on peut continuer à parler de sa santé mammaire avec les professionnels qui nous suivent.
L’objectif n’est pas de devenir obsédée par chaque petite sensation.
C’est simplement de pouvoir se dire :
« Je connais mon corps. Et si quelque chose change vraiment, je sais que je peux en parler. »
Et si Octobre Rose était l’occasion de penser aussi à soi ?

Quand on devient maman, il y a facilement un petit glissement qui s’installe.
On pense aux rendez-vous de bébé.
À ses vaccins.
À ses repas.
À ses vêtements.
À son sommeil.
À tout ce qu’il ne faut pas oublier.
Et au milieu de cette immense liste, maman passe parfois en dernier.
Alors, pourquoi ne pas profiter d’Octobre Rose pour faire quelque chose de tout simple ?
Prendre quelques minutes pour penser à sa propre santé.
Vérifier si son suivi est à jour.
Parler d’un changement qui nous inquiète.
Regarder si l’on a bien effectué le dépistage auquel on est invitée.
Ou simplement prendre rendez-vous avec son médecin, sa sage-femme ou son gynécologue si cela fait longtemps qu’on ne l’a pas fait.
Parce que prendre soin de soi ne signifie pas prendre moins soin de son bébé.
C’est aussi prendre soin de la maman dont il a besoin.
À retenir
- La grossesse et l’allaitement entraînent de nombreux changements au niveau des seins.
- Une boule ou une modification inhabituelle ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’un cancer, mais elle mérite d’être examinée.
- L’examen clinique des seins fait partie du suivi de santé et est recommandé au moins une fois par an dès 25 ans.
- En France, le dépistage organisé par mammographie concerne les femmes de 50 à 74 ans sans symptômes ni risque particulier.
- En cas d’antécédents personnels ou familiaux ou de risque particulier, un suivi spécifique peut être proposé.
- Pendant la grossesse ou l’allaitement, une anomalie peut être explorée : le professionnel de santé choisira les examens adaptés à la situation.
- Et surtout : une maman a aussi le droit de prendre soin d’elle.
